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Le patrimoine culturel singulier de la Montagne de Reims

Le territoire du Parc naturel régional de la Montagne de Reims est riche d'un patrimoine culturel singulier intimement lié à l’activité des hommes et à l’histoire mondiale. Territoire envahi, exploité, détruit et reconstruit, le Parc est marqué par l'époque gallo-romaine, le Moyen Âge et les guerres qui ont frappé la région.

Héritage effervescent

Dans cette contrée aux terres froides et crayeuses, l'homme a su façonner un patrimoine unique qui a donné naissance à un vin mondialement connu, symbole de fête et de célébration.

Si les Romains ont planté les premiers pieds de vignes, les évêques, notamment l'archevêque de Reims et les grandes abbayes de la région ont forgé le savoir-faire de vinification et développé dès le Moyen Âge la notoriété du vignoble champenois.

Au XVIIème siècle, le légendaire moine bénédictin Dom Pérignon, procureur de l'abbaye d'Hautvillers, est à l'origine de la naissance du vin effervescent en introduisant la méthode champenoise. L'essor du Champagne se poursuit aux XVIIIème et XIXème siècles quand de célèbres maisons acquièrent une renommée internationale.

Aujourd'hui, 30 000 personnes oeuvrent dans la filière du Champagne, 15 800 vignerons et 300 Maisons de Champagne produisent plus de 300 millions de bouteilles chaque année.

Le Parc compte plus de 10 000 hectares de vignes classées AOC Champagne. Le Pinot noir, le Pinot meunier et le Chardonnay sont les principaux cépages autorisés en Champagne. Chacun se différencie par ses feuilles, ses baies et bien entendu par son goût intimement lié au sous-sol, au relief, au climat et à l'exposition.

Bâtiment exploitation viticole Moët et Chandon ©PNRMRVue sur le village de Cumières ©PNRMRLoge de vigne ©PNRMR

Construites en brique, bois ou pierre, les loges de vigne font partie du paysage de la Champagne. Lieu d'abri et de stockage, les loges ont, aujourd'hui, perdu leurs usages au profit de la modernisation des techniques de travail. Pourtant, ces loges évoquent pour de nombreux vignerons un souvenir d'enfance, de repas en famille, de rencontres et de partages. 

Dans les villages, pressoirs traditionnels en bois et caves voûtées sont autant de témoins d'une activité prolifère et historique. Qu'ils appartiennent à des coopératives ou à de grandes Maisons du Champagne, les bâtiments contemporains volumineux dédiés à l'élaboration et au stockage des vins font l'object d'une intégration paysagère stricte, visant à conserver à la fois un patrimoine culturel précieux et une qualité visuelle des paysages.

En 2015, la qualité exceptionnelle des paysages viticoles a participé à l'inscription des « Coteaux, Maisons et Caves de Champagne » au patrimoine mondial de l'UNESCO.

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Villages de la Montagne de Reims

Très discrète au premier regard, l'architecture rurale traditionnelle de la Montagne de Reims regorge de nuances liées à la variété et à la répartition hétérogène dans le sous-sol des matériaux de construction locaux.

Dans tous les villages, les façades, même les plus simples, s'ornent de décors plus ou moins riches : corniches, bandeaux ou encadrements en briques ou en pierre de taille. Les couvertures, principalement en tuile de terre cuite rouge, participent aussi beaucoup à l'harmonie générale de ces ensembles bâtis. Découvrez à la Maison du Parc l'espace de démonstration des matériaux et des couleurs du bâti et l'exposition permanente « (é)cohabiter en Montagne de Reims ».

Outre les matériaux utilisés, l'implantation du bâti champenois suit un modèle de regroupement caractéristique formant des cours intimes et privilégiant les jardins à l'arrière. De nombreuses habitations et bâtiments publics conservent encore aujourd'hui cet héritage architectural typique.

Église romane de Cuchery ©PNRMR

Souvenir de l'art roman et du Moyen Âge, les églises romanes parsèment le territoire. Très endommagées voire totalement détruites pendant la Grande Guerre, nombre d'entre elles sont reconstruites en conservant voûtes, clochers à bâtières, arcs et colonnes en hommage à l'art de leurs bâtisseurs.

Les églises romanes de la vallée de l'Ardre sont souvent courtes et trapues. Elles sont toutes surmontées de tours carrées ou rectangulaires se terminant par un toit à deux pentes, dites « clochers à bâtières ». La plupart d'entre elles sont positionnées au centre du cimetière communal, lui même ceint d'un mur de clôture. La majorité des églises romanes ont été agrandies ou modifiées pour partie entre le XIIIe et le XVIe siècle, d'autres reconstruites à l'issue de la Première Guerre mondiale dans un style néo-roman.

Lavoir du hameau de Orcourt ©PNRMR

Autrefois lieux privilégiés des femmes, de nombreux lavoirs sont conservés comme à Mareuil-sur-Ay, Dizy ou au hameau d'Orcourt. En période de basses eaux, vous pourrez apercevoir dans la Marne le reste du bateau-lavoir de Tours-sur-Marne. Construits en pierre, en bois, en briques, de facture modeste ou riche, lavoirs et fontaines font aujourd'hui partie intégrante du patrimoine. Au sud du Parc, ponts, écluses, maisons d'éclusiers, déversoirs sont toujours présents le long du canal latéral à la Marne. Ne manquez par l'étonnant pont tournant de Bisseuil, les déversoirs de Tours-sur-Marne ou encore l'écluse et la maison d'éclusier à Dizy.

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Souvenir de la Grande Guerre

Culminant à plus de 200 mètres d'altitude, la Montagne de Reims a servi pendant 4 ans de promontoire pour observer la ligne de front lors de la Première Guerre mondiale, allant du fort de la Pompelle jusqu'à Suippes, mais elle a aussi été le théâtre de nombreux combats.

En 1914, alors que les Allemands envahissent le Nord-Est de la France, ils sont arrêtés lors de la 1ère bataille de la Marne. C'est alors le début d'une guerre de position, d'usure et de tranchées qui marque le territoire. En 1918, les offensives et contre-offensives allemandes lancées lors de la 2ème bataille de la Marne laissent derrière elles de nombreux cimetières et nécropoles attestant de la violence de ces combats.

Profondément meurtri par la guerre, le territoire du Parc naturel régional compte 11 cimetières militaires qui gardent ainsi en mémoire le théâtre de la guerre 14-18. Trois des plus importantes nécropoles peuvent être visitées sur les communes de Bligny et de Marfaux. Les dépouilles de 1 129 soldats britanniques, 4 417 soldats allemands et 3 440 combattants italiens y sont inhumées sans distinction hiérarchique. Plus de 80 monuments aux morts ont été érigés sous la forme de plaques gravées ou d'obélisques, parfois accompagnées de figures sculptées. Les églises de Saint-Imoges et de Ville-en-Selve renferment quant à elles un vitrail commémoratif.

Cimetière de Bligny ©PNRMR

Sur les hauteurs des coteaux de la Montagne de Reims, des blockhaus construits pendant le conflit dominent encore l'horizon. Face au front de la Première Guerre Mondiale, les villages de Verzy et Verzenay offrent un promontoire parfait pour observer l'ennemi. C'est d'ailleurs au Mont Sinaï, ou encore au Moulin de Verzenay que les Alliés installent leurs observatoires. L'observatoire militaire du Mont Sinaï, en forêt de Verzy, était au centre de l'important dispositif d'observation installé. Le Mont Sinaï et ses blockhaus sont aujourd'hui classés Monuments historiques.

Observatoire militaire du Mont Sinaï ©PNRMR

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